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Chronique
du 13 septembre 07
ÊTES-VOUS
PLUS GENTIL AU TRAVAIL QU'À LA MAISON?
Avez-vous
remarqué que très souvent, nous avons
tendance à être moins patient avec nos
proches qu’avec des collègues de travail
ou même qu’avec nos voisins? Il n’est
pas rare d’entendre des gens dire: «Au travail,
j’arrive à me contenir, j’arrive
à gérer mes états d’âmes
mais lorsque j’arrive à la maison, je me
permets d’être moi-même.» Mais
à quel prix agissons–nous de la sorte?
Réalisons
que très souvent, le stress vécu au travail
nous rend plus vulnérable, moins patient, plus
soupe au lait, mais que parce qu’il n’est
pas politiquement correct de se laisser aller au travail,
nous refoulons nos états d’âmes.
Par contre, arrivé à la maison, on croit
à tord que nos enfants ou notre conjoint, parce
qu’ils nous aiment inconditionnellement, ne nous
en tiendrons pas rigueur. Grave erreur. Surtout lorsque
l’on est en couple depuis longtemps et que l’on
commence à agir de façon à manquer
de respect envers notre conjoint.
Posons-nous
d’abord la question:
«Pourquoi en est-il ainsi?»
La
réponse est simple, tout simplement parce qu’on
est moins impliqué émotionnellement avec
nos collègues qu’avec notre conjoint ou
nos enfants. Mais quand on y pense, c’est assez
paradoxal, notre conjoint et nos enfants sont les gens
qu’on aime le plus mais qu’on traite souvent
le moins bien.
Alors,
je me suis demandé comment faire pour modifier
cette attitude qui peut, il ne faut pas se le cacher,
créer de nombreux conflits au sein de notre couple
ou de notre famille.
Première
question à se poser:
«Comment puis-je exprimer mes besoins au travail?»
Lorsque
l’on cache ce qu’on ressent vraiment, lorsqu’on
refuse d’exprimer qu’on est stressé
sous prétexte qu’on croit ne pas avoir
droit d’extérioriser nos états d’âmes
dans un contexte professionnel, on vit du refoulement
émotif, mais sachez que ce trop plein doit sortir
quelque part. Et malheureusement, il sort souvent à
la maison.
Donc,
donnons-nous le droit de nous exprimer. Et pour le faire
de la bonne façon, on ne doit pas attendre trop
longtemps. On ne doit pas attendre la goutte qui fait
déborder le vase. Je vous raconte une anecdote,
j’ai rencontré une amie qui me disait récemment
qu’à son travail, il y a eu de nombreuses
coupures de postes. On entend cela souvent en 2007,
ce n'est pas un cas isolé. Elle et ses collègues
ont dû reprendre le travail des personnes qu’on
avait congédiées. Elle me disait : «Stéphanie,
j’ai deux fois plus de travail qu’avant
mais je dois le faire dans le même nombre d’heures,
avec la même rigueur. Il y a quelque chose qui
ne fonctionne pas et je songe à aller voir mon
médecin pour qu’il m’arrête
de travailler, je vais craquer».
Ce qui m’amène à la deuxième
question à se poser:
«Comment puis-je imposer mes limites?»
Pour
imposer ses limites, je dois en être conscient.
Je dois être à l’écoute des
signes de fatigue, d’épuisement, de stress
trop intense que je vis, et pour vous donner une piste,
tous les maux physiques qui peuvent apparaître,
tels que l’insomnie, troubles de digestion, raideur
au cou, dans le dos, le sentiment d’être
toujours fatigué, le fait d’être
démotivé, le goût de pleurer plus
facilement et j’en passe. Tous ces symptômes
sont des indices. Faut pas penser que c’est normal,
surtout si on les a tous ensemble.
Pour
imposer ses limites, on doit commencer à se respecter
assez pour être capable de discuter avec la ou
les personnes concernées par ce qu’on vit.
Ça peut être notre patron, ou encore un
collègue, et on doit nommer ce qui se passe.
Par exemple, on peut demander à son patron de
prioriser nos tâches. Sachez qu’il revient
à votre employeur de décider de ce qui
est prioritaire.
On
peut se demander si certaines de nos tâches peuvent
être déléguées. Si ce n’est
pas possible, on doit revenir à la charge en
disant: «Dans cette optique, quelle tâche
voulez-vous que je fasse en premier?» Si vous
travaillez huit heures dans une journée, il serait
ridicule de vous demander de faire l’équivalent
de 16 heures de travail.
À
ce moment-là, lorsque je dis cela dans mes conférences,
il y toujours quelqu’un qui me dit: «Oui
mais, à mon travail, c’est différent…
Je ne peux vraiment rien changer à la situation
et mon patron non plus». Sachez une chose, si
vous vous retrouvez en burn out, vous ne serez pas plus
avancé. Et si vous ne vous retrouvez pas là
mais qu’à cause de ce trop plein de stress,
vous êtes d’humeur exécrable avec
vos proches, vous allez peut-être en payer le
prix à plus ou moins long terme.
Je
termine en disant: «Rappelez-vous toujours ce
qui est le plus important dans votre vie. À la
fin de leur vie, rares sont les gens qui vont dire :
«Je n’ai pas assez travaillé»,
mais souvent ils vont dire: «Je n’ai pas
assez de temps avec ceux que j’aime!» Pensez-y!
***
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