LES
HOMMES VIENNENT DE MARS
ET LES FEMMES DE VÉNUS
Cette semaine, j’ai eu le bonheur d’aller
voir la conférence-spectacle : «Les
hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus».
Quel délice! Mais qu’en est-il vraiment
de ce dicton? Celui-ci, tiré du titre d'un
livre bien connu, suggère qu'il y a entre hommes
et femmes de profondes différences et qu'ils
attendent d’une union des choses fondamentalement
différentes. De nombreux livres à succès
visent à aider les couples à faire face
à leurs différences, en tenant pour
acquis qu'un grand fossé sépare ce que
veulent les femmes et les hommes.
Mais,
les hommes et femmes sont-ils à ce point différent
que cela affecte leur union ? Si la réponse,
comme nous le verrons, est bien «oui»,
les livres à succès ignorent fréquemment
l'abondance de points communs caractérisant
ce qu'hommes et femmes veulent trouver dans une relation
et leurs désirs et besoins communs.
Chose
plus importante encore, ils négligent le fait
que seules les différences les plus extrêmes
entre deux partenaires sont liées, d'après
les chercheurs, à des unions malheureuses,
alors que «les mariages heureux se caractérisent
par peu de divergences entre les partenaires.»
Certes,
des différences très répandues
sont révélées par ces recherches.
Les hommes, par exemple, ont plus tendance à
rentrer dans leur carapace en cas de conflit conjugal,
alors que les femmes préféreront faire
un usage plus intensif de la parole. C'est sans doute
dû au fait que les hommes tendent à «se
noyer» plus facilement dans un flot d'émotions
négatives et qu'il leur faut plus longtemps
pour récupérer psychologiquement après
une dispute. Ils ont aussi plus tendance à
essayer d’«arranger» les problèmes,
alors que les femmes souhaitent plus fréquemment
que l'homme les écoutes.
Les
femmes sont souvent plus aptes à se connecter
à l'état émotionnel d'autrui,
et les hommes tendent parfois à aborder les
conversations sous l'angle de la compétition.
Mais on doit aussi constater que les recherches montrent
qu'hommes et femmes attendent d’une union des
choses remarquablement similaires, et que les deux
sexes indiquent qu'une profonde amitié est
ce qu'il y a de plus satisfaisant dans une bonne union.
Et la liste des autres facteurs réellement
annonciateurs d’une union satisfaisante montre
qu'il n'y a que de légères différences
dans le classement, par chacun des deux sexes, de
ce qui le satisfait réellement dans une relation
intime.
Un
des secrets les mieux gardés du monde relationnel
est que l'homme, en moyenne, souffre de plus de troubles
de santé émotionnelle ou physiologique
quand il est privé de relation intime que la
femme vivant la même situation. Les couples
liés par de solides relations sont en harmonie
avec la personnalité propre des deux partenaires
et considèrent que ces forts liens d'amitié
sont la pierre angulaire d'une bonne relation. Ils
respectent leurs éventuelles différences
liées au sexe de chacun et cherchent les moyens
de satisfaire mutuellement leurs besoins respectifs.
Les
extrêmes s’attirent-ils toujours ?
On
connaît bien mieux, maintenant, la biochimie
et la neurologie de l'amour et de la passion. Les
«atomes crochus» d'une relation varient
dans le temps. L’euphorie initiale ressentie
avec un nouvel amour dure généralement
environ deux ans, et le type de bonne entente caractéristique
d'une relation à long terme n'est pas le même
que le cocktail enivrant d'un amour tout neuf. Or
trop de gens renoncent à une relation dès
que la bonne entente initiale commence à évoluer.
Ils s'adonnent à des relations séquentielles
et ne se rendent pas compte que la satisfaction affective
d'un amour au long cours peut être plus épanouissante
que l'excitation d'une passion nouvelle. Par «extrêmes»
on entend «opposés», et l'on veut
dire par là qu'on peut être attiré
par des gens très différents de soi,
cette grande différence nous rendant plus complets.
Ce n'est pas dénué de vérité,
mais il n'en est pas tout à fait ainsi. Les
gens semblent bel et bien trouver que certaines différences
sont un élément positif et un facteur
d'attraction. Mais les recherches montrent que les
couples les mieux assortis présentent plus
de similarités que de différences, et
que le fait d'être pareils sous des angles divers
(l'âge, l'éducation, les valeurs de base,
etc) est corrélé avec les niveaux les
plus élevés de satisfaction conjugale.
Les
études effectuées sur les types de tempérament
(l'inventaire de Meyer's Briggs, par exemple) montrent
que les couples peuvent tirer parti de certaines différences,
mais que ceux dont les composantes figurent aux extrémités
des quatre échelles d'évaluation des
différences sont moins heureux que ceux où
les similarités sont plus fortes.
En
matière de différences, la meilleure
approche consiste à être conscient du
fait que la plupart d'entre nous apprécient
quelques différences clés, susceptibles
d'apporter un certain équilibre à notre
vie. Il est bon d'accepter ces différences
et de ne pas se lancer dans un énorme «projet
de réforme» une fois qu'on est en relation.
Mais si l'on cherche un partenaire pour la vie, il
ne faut pas croire que des différences énormes
seront faciles à surmonter. Celles sur lesquelles
on décide de ne pas s'arrêter au début
de la relation peuvent prendre, au fil du temps, une
importance accrue. Il vaut bien mieux chercher quelqu'un
qui partage vraiment nos valeurs de base et notre
mode de vie.
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