Chronique du 8 novembre 07

ARRÊTEZ DE RUMINER... C'EST MAUVAIS POUR LA SANTÉ!

Selon des chercheurs de l’Université de San Diego, le fait de ruminer nos problèmes constamment serait mauvais pour la santé!

Par exemple, se disputer avec son partenaire peut élever votre pression artérielle, autant qu’un jogging. Mais selon une récente découverte, le stress occasionné par le conflit est plus nocif pour votre tension. Ce qui est intéressant, c’est de constater que même le souvenir de l’évènement stressant suffirait à avoir un impact néfaste sur la santé ! Juste de se remémorer l’événement nous causerait du tord.

Deux expériences ont été réalisées par des psychologues américains. Divisés en quatre groupes, des participants ont subi quatre styles d’épreuves plus ou moins stressantes, chacune étant associée à une dimension émotionnelle différente. Par exemple, on a demandé à un groupe de repenser à un conflit récent qu’ils avaient eu. A un autre groupe, on a demandé de repenser à un moment très stressant qu’il avait vécu récemment. Ils sont arrivés à la conclusion que le simple fait de repenser continuellement à nos problèmes était non seulement néfaste pour le cœur, mais aussi pour notre santé en général.

Tout est affaire d’émotion !

"Prévenir les effets néfastes du stress peut non seulement impliquer de réduire l’exposition aux facteurs de stress, si j’évite de me mettre continuellement dans des situations stressantes, je vais diminuer mon niveau de stress mais également, on peut réduire les occasions de ruminer le stress passé".

Comment faire cela ? En sachant que nous avons environ 60 000 pensées par jour qui nous traversent l’esprit, comment arrêter ce flot d’idées?
On peut difficilement arrêter notre flot d’idées, par contre, nous pouvons changer notre focus.

Mais qu’est ce que ça veut dire au juste, changer notre focus?


Ça veut dire : Arrêter de continuellement repenser aux mauvais moments de notre journée… vous savez lorsque vous arrivez de travailler, par exemple, et que vous avez eu une légère montée de stress en voyant que votre patron venait vous porter un autre dossier sur votre bureau et qu’en plus, vous avez 82 courriels à retourner…!!!

Souvent, qu’est-ce qu’on fait lorsqu’on arrive à la maison? On en reparle à notre conjoint: «Attends que je te raconte ma journée… l’enfer !!!» Et on se remet dans l’émotion. Au lieu de vivre une fois seulement l’évènement difficile, on le revit constamment en en reparlant continuellement. Changer notre focus veut dire faire plutôt l’inventaire des choses qui se sont bien déroulées dans la journée. Focusser sur ce qui va bien dans notre vie, c’est la même chose que de voir le verre a moitié plein. En psychologie, on appelle cela le phénomène d’inhibition latérale. L’inhibition latérale veut dire que plus on focusse sur quelque chose, plus il s’amplifie, donc plus je focusse sur du négatif, plus j’attire du négatif et vice versa.

Source: Adapté de : http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2002/sem02/
mag1101/sa_5958_stress_ruminer_coeur.htm

Qui, de l’homme ou la femme, est plus enclin à ressasser les mauvais souvenirs?

Dans un autre ordre d’idée : Messieurs, avez-vous l’impression que votre femme n’oublie jamais rien, surtout lorsqu’il s’agit de conflits ? Mesdames, avez-vous l’impression que votre conjoint ne retient rien, surtout pas les moments romantiques ?

15 % de mémoire en plus

Ces observations ont peut-être un fondement scientifique, basé sur un phénomène : la mémoire émotionnelle. Par mémoire émotionnelle, on entend en fait simplement les souvenirs qui ont une forte imprégnation émotive (colère, joie…). Or apparemment, cette mémoire serait bien supérieure chez les femmes. C’est la conclusion à laquelle sont parvenus des chercheurs américains en interrogeant 24 cobayes des deux sexes. Ils leur ont d’abord demandé d’observer une série de 49 images plus ou moins choquantes (paysages bucoliques, mais aussi personnes en train de pleurer ou même cadavres…). Dans le même temps, les zones activées dans le cerveau étaient mesurées par imagerie par résonance magnétique (IRM). Puis, trois semaines plus tard, les mêmes personnes ont du répondre à un test de mémoire surprise : elles devaient reconnaître parmi une série de photos (pendant trois secondes chacune) les images fortes qu’elles avaient vues la fois précédente. Et les premiers résultats ont montré que les femmes se souvenaient en moyenne de 75 % des images contre 60 % pour les hommes.

La clé : les émotions


Les scientifiques ne savent pas encore comment expliquer cette performance. Il semble en fait que lorsqu’une émotion vive est associée à un évènement, ces demoiselles ont beaucoup plus de facilité à le retenir. Ils ont pu constater que les femmes activaient de nombreuses zones liées à la mémoire émotionnelle face à des images choquantes. Pour les chercheurs, cela indiquerait que le cerveau des femmes est mieux organisé pour percevoir et retenir les émotions. En revanche, les hommes semblaient activer d’autres régions du cerveau, sans que l’on sache à quoi elles pouvaient correspondre… Et les scientifiques soulignent que rien n’est immuable, et que les zones activées chez l’homme comme chez la femme peuvent évoluer avec l’expérience.

Tendance à ressasser les mauvais souvenirs


Pour Turhan Canli, professeur de psychologie à l’université Stony Brook de New York et principal auteur de l’étude, ces travaux ne dévoilent que la partie émergée de l’iceberg. En effet, il pense que les femmes ont en général une bien meilleure mémoire "autobiographique" que les hommes. En clair, elles se rappellent beaucoup mieux tous les événements qui les concernent. Alors que les messieurs auront peut être une bonne mémoire, mais plutôt de faits qui ne les touchent pas directement. Toujours selon le chercheur, cela pourrait expliquer pourquoi les femmes sont plus sujettes aux dépressions. Elles seraient plus enclines à ressasser des souvenirs déplaisants, et cette répétition favoriserait les états dépressifs. Alors que les hommes occultent plus facilement les mauvais souvenirs.
Alors mesdemoiselles, oubliez un peu plus vos soucis ou cessez de ressasser vos mauvais souvenirs. Messieurs pour éviter les disputes, essayez de vous remémorer plus souvent les bons moments.

Source :Tiré de Alain Sousa. Proc Natl Acad Sci U S A, juillet 2002, prépublication en ligne.

 

 

     
 
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